Touche pas à ma zone !

 picodon1.1302012871.jpgLe Picodon / Refusant catégoriquement de voir amputer la zone actuelle d’appellation du Picodon qui s’étend sur la totalité de la Drôme et de l’Ardèche, l’assemblée générale du syndicat réunie jeudi dernier à Nyons décide d’abandonner la réouverture du cahier des charges, en restant AOP sans changement de zonage.

Depuis plusieurs années, le Syndicat du Picodon (Organisme de Gestion – ODG Picodon) demande la réouverture du cahier des charges de l’appellation. Cette révision avait pour objectif de reconnaitre les pratiques pastorales et la qualité environnementale de la production, tout en renforçant la typicité du produit. L’institut national de l’origine et de la qualité (INAO) souhaitait de son coté subordonner cette révision à l’adoption d’une nouvelle zone de production considérablement réduite. Après plus de 3 ans de travaux et d’échanges sur ce projet, le syndicat réuni en assemblée générale jeudi 31 mars à Nyons sous la présidence de Christian Moyersoen a décidé de jeter l’éponge, de renoncer à la réouverture du cahier des charges et, pour ne pas risquer de perdre certains opérateurs, d’arrêter la procédure de révision de la zone du Picodon. Par l’adoption à l’unanimité jeudi dernier d’une délibération (voir texte ci-dessous), l’assemblée générale décide de donner un avis défavorable à l’INAO et souhaite désormais le maintien de la reconnaissance actuelle du Picodon AOP tel que défini dans le décret d’août 2010.

Tourner une page

Rappelons qu’à l’heure actuelle, la zone d’appellation du Picodon s’étend aux limites administratives des départements de l’Ardèche et de la Drôme, ainsi que sur les cantons de Valréas (84) et de Barjac (30). Soulignant que l’année 2010 n’aura pas été une année très favorable, ni pour la filière caprine en général, ni pour la production de Picodon en particulier, Christian Moyersoen regrettait que l’INAO ait fragilisé la filière AOP Picodon en refusant de valider les propositions de modification du cahier des charges et en y associant une révision drastique de la zone.

« Nous n’avons jamais voulu de redéfinition de zone mais seulement la caractérisation de la zone actuelle. On a accepté ensuite de se laisser entrainer par l’INAO dans cette mouvance par obligation et aujourd’hui les conclusions des expertises ne nous conviennent pas du tout. On veut donc rester à nos fondements avec l’ensemble de nos producteurs. Parce que l’on a une histoire commune de 30 ans, que l’on s’est engagé sur une dynamique économique par rapport à cette zone et cette appellation et que l’on ne peut pas, du jour au lendemain, sur un simple rapport d’expertises, rechanger tous ces objectifs et exclure cinquante de nos producteurs … »

Et Christian Moyersoen de poursuivre : « Depuis 2 ans nous avons cherché de trouver des formules de consensus avec l’INAO, ces gestes n’ont pas été suivis d’effet au niveau des experts… A un moment donné il faut savoir conclure ! Aujourd’hui Il est grand temps de tourner la page et de se consacrer à notre redressement, à la promotion de nos produits et tout faire pour retrouver notre développement du passé… ».

Redresser la barre

Car pour l’heure la production est en régression et sera passée en 6 ans (de 2005 à 2010) de 586 tonnes à 472 tonnes, le nombre d’adhérents de 347 en 2005 à 233 en 2011. « Tout ce travail sur la révision de la zone et du cahier des charges a beaucoup mobilisé le personnel et les administrateurs et tout ceci n’a pas permis de faire un travail important en termes de promotion. Nous avons quand même maintenu notre présence aux manifestations habituelles et coutumières et nous avons aussi mis en place des contrôles correspondant à la dynamique de la loi de modernisation agricole qui fut un enjeu important de notre syndicat depuis 2, 3 ans…. Aujourd’hui nous avons une appellation qui est solide en termes de cahier des charges, avec des adhérents qui respectent tous ces contrôles et une belle image du produit…2011 devrait nous apporter de nouvelles installations en Picodon et des ventes en rapports de la qualité de notre production »

Alain Bosmans
Article de L’agriculture Drômoise paru le 7 avril 2011

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