Tisane amère

 tilleulbaron3.1302616303.JPGTilleul des Baronnies/ La production de tilleul dans les Baronnies n’est plus ce qu’elle était. Longtemps florissante, elle est devenue marginale faute de producteurs et ceux qui étaient chargés de l’organiser  n’ont aujourd’hui plus le moral. Et pourtant les Baronnies souhaitent conserver l’image emblématique du tilleul à leur territoire… Mais comment sauvegarder une production qui n’a plus de producteurs ?…

Le tilleul des Baronnies est bien malade. La chose n’est pas nouvelle. On le sait : Depuis 15 ans sa production n’a cessé de baisser, le nombre de ses producteurs de diminuer, les cours de s’effondrer. Ce qui est nouveau c’est que ceux qui sont chargés de défendre cette production emblématique sont maintenant eux aussi très déprimés. C’est du moins ce qui ressort de l’assemblée générale du « Syndicat des Producteurs de Tilleul Officinal des Baronnies », qui s’est réunie vendredi dernier 8 avril à St Sauveur Gouvernet, et au cours de laquelle la présidente Mireille Lesbros, la vice présidente Mireille Berthet et le trésorier Jean Claude Blanchard (maire de Bénivay/Ollon) ont présenté leur démission.

Démissions en chaîne

Regroupant jusqu’à une centaine de producteurs, étendant son territoire sur une aire qui comprend 152 communes à cheval sur 4 départements (Drôme, Hautes Alpes, Alpes de Hautes Provence et Vaucluse), le Syndicat du Tilleul Officinal des Baronnies aura pourtant beaucoup œuvré sous la présidence de Mireille Lesbros depuis sa réactivation en janvier 97. : Mise en place de l’aide à la qualité jusqu’en 2003, dépôt de la marque « tilleul officinal des Baronnies », lancement des études pour l’IGP dés 1999, .création du site internet et de matériels de communication, rédaction d’un cahier des charges « privé » pour une production de tilleul de qualité constituant une première étape vers l’obtention ultérieure d’une IGP… Et depuis 2 ans, recherche d’un groupe de producteurs motivés pour la mise en place de ce cahier des charges. Recherche vaine et qui explique sans doute ces démissions en chaine…

Longtemps florissante dans les Baronnies (avec jusqu’à 400 tonnes produite chaque année), la production est aujourd’hui marginale, s’établissant autour de 15 tonnes qui sont commercialisées, bon an mal an, entre 13 et 15 € le kilo. Aujourd’hui le syndicat compte (plus ou moins) une quarantaine d’adhérents, la plupart peu motivés. Les producteurs sont confrontés à des problèmes non seulement de marché, mais également de main d’œuvre qui fut toujours familiale et de concurrence exercée par d’autres productions plus lucratives en cette période de l’année. Pourtant une démarche de qualité visant à obtenir une certification IGP et Bio pourrait semble-t-il relancer le marché et la filière qui, par ailleurs, ne manque pas d’atouts et de soutiens en terme de communication.

Préserver l’image d’une production emblématique

La filière reçoit en effet de nombreux et important soutiens du secteur touristique. La présence à St Sauveur vendredi dernier de la conseillère générale Marie Claire Cartagéna, du vice président de l’IPAM (#) et grand maître de la confrérie des chevaliers du Tilleul Laurent Haro, de Philippe Poirier animateur à la Maison des Plantes de Buis, de l’adjoint au maire de Buis Gérard Jean et de Gwenaëlle Pariset chargée de mission au syndicat mixte des Baronnies Provençales, attestaient suffisamment de l’importance que l’on porte dans les Baronnies à l’image de cette production emblématique. L’IPAM confirme son soutien à la filière et la Maison des Plantes de Buis confirme qu’elle continuera à organiser la journée « Tilleul en Baronnies » le 3ème samedi de juillet et l’opération « Infusettes » durant tout l’été. De son coté le futur Parc des Baronnies Provençales et les professionnels du tourisme en générale ne cachent pas l’intérêt qu’ils portent à la valorisation de ce patrimoine agricole original. Mais encore faut-il que la production soit suffisante et que les producteurs soient suffisamment organisés pour la défendre… Or depuis 3 ans le syndicat peine à réunir suffisamment de producteurs désireux de tester en autocontrôle le cahier des charges susceptible de soutenir ultérieurement une IGP devant l’Europe. Il ne suffirait pourtant que d’une vingtaine d’entre eux pendant quelques années …

Les réunir sera la première mission à laquelle devra s’atteler le nouveau bureau du syndicat, issu de la prochaine réunion de son conseil d’administration. Nicolas Chauvet, Marie Hélène Leroy et Hélène Lambert y ont fait leur entrée en remplacement des 3 démissionnaires.

Alain Bosmans
Article paru dans « l’Agriculture Drômoise » du 14 avril 2011

Une réflexion sur « Tisane amère »

  1. Les foires du tilleul ont vécu, mais je sens toujours autant d’affection de la part des gens d’ici pour cette fleur attachante. Nous aimerions tous qu’elle trouve de nouveaux débouchés qui restent peut-être encore à imaginer. A moins de valoriser d’autres parties de cet arbre à faire plein de choses…
    Petit clin d’oeil côté adresse mail: je l’ai crée pour une galerie Picasa 100% Hautes-Baronnies où le tilleul trouvera sa place avec un diaporama sur les dernières foires (2003 et 2004).

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