André Scalfi : Une vie de courage au service d’autrui

André SCALFI
La vie d’André Scalfi commence comme dans le roman mélodramatique d’Hector Malot. Né, lui aussi « Sans famille » en 1939 à Mornas (Vaucluse), André Scalfi fut abandonné par sa mère à l’âge de 2 ans et placé, ainsi que ses 4 sœurs dont il sera séparé, en famille d’accueil à Vernoux (Ardèche). A 14 ans, André, pupille de l’Etat, est de nouveau placé par l’assistance publique comme ouvrier agricole dans une ferme de Vaison la Romaine. « A cette époque, on ne s’occupait guère des enfants de l’assistance publique qui étaient peu scolarisés et que l’on abandonnait à leur triste sort et aux travaux forcés des champs » avoue-t-il aujourd’hui.
« Ma première chance fut le service militaire. J’y ai été appelé à 20 ans, effectuant 14 mois en France et 14 mois en Algérie, finissant comme chauffeur d’un officier supérieur qui m’a encouragé à me former et à prendre une revanche sur la vie difficile qui avait été la mienne jusque là… »

Libéré en 1961, abandonné de tous, sans métier ni argent, sa seconde chance fut de rencontrer Marie, qui deviendra son épouse, lui donnera 3 beaux enfants (un garçon et deux filles) et avec laquelle il construira, à force de travail, d’effort, de sacrifice, de persévérance et d’amour, une heureuse existence familiale et professionnelle.
Après qu’André ait débuté comme simple manœuvre dans une entreprise de travaux publics à Jonquières pendant 7 ans, la famille Scalfi s’installe à Buis en 1968 pour reprendre sur la place du marché la gérance du « Petit Casino ». En 1977, l’occasion se présente pour André et Marie d’acquérir à Buis une petite entreprise de taxi et d’ambulance qu’ils tiendront et feront fructifier avec leurs enfants pendant 22 ans jusqu’à la retraite prise en 1999 à 60 ans.

Au cours de ses 42 ans à Buis les Baronnies, André Scalfi n’oublia jamais les difficultés de son enfance et eut à cœur de se mettre au service des autres. Pompier volontaire au centre de secours de Buis pendant 13 ans (il en fut également président de l’amicale), il fut élu aux élections municipales à 3 reprises, siégea 18 ans sous les magistratures de messieurs Bec et Argenson, dont un mandat en tant qu’adjoint au maire responsable des festivités (et à ce titre fut, avec Jean Pierre Buix, à l’origine de la 1ère course pédestre « Le Buis, j’aime, j’y cours !).

Entré dans les années 80 à l’Association d’Entraides des Pupilles du Vaucluse, il en devint le premier vice président pendant 25 ans avant d’en prendre la présidence l’année dernière, tout en étant administrateur de la Fédération nationale des ADEPAPE (Association d’Entraide Entre les Personnes Accueillies à la Protection de l’Enfance). A ce titre, il continue aujourd’hui à 72 ans, avec son épouse Marie, à apporter soutien, entraide, exemple et témoignage aux plus démunis de ces enfants ou jeunes adultes nés, comme lui, « sans famille ».

Alain BOSMANS
Article publié dans le Dauphiné Libéré du 25 mai 2011

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