Henriette Martinez, nouvelle présidente du parc des Baronnies Provençales

Henriette Martinez, maire de Laragne-Montéglin à la tête du Parc des Baronnies
Henriette Martinez, maire de Laragne-Montéglin à la tête du Parc des Baronnies

Remplaçant celui de préfiguration qui existait jusqu’alors, le conseil syndical du parc naturel régional des Baronnies Provençales s’est réuni mardi 15 mars à Verclause pour élire à sa présidence la Haut-Alpine Henriette Martinez, maire de Laragne-Montéglin.

Henriette Martinez succède à une autre haut-alpine, la socialiste Christine Nivou qui ne pouvait plus siéger faute de mandat. Une seule candidature était présentée, mise en avant par Bruno Lagier, maire de Barret sur Méouge, appuyée par Laurent Haro, maire de La Charce et Claude Aurias, conseiller régional Rhône Alpes-Auvergne.

Sans surprise, à la suite d’un vote à bulletin secret, Henriette Martinez a été élue à la tête du Parc avec 163 voix sur 201 (33 votes blancs et 5 nuls). Un résultat qui montre la volonté commune de la grande majorité de ses membres, toutes tendances politiques confondues, à faire vivre le 51ème parc naturel régional des Baronnies Provençales. Le conseil syndical a élu également les 27 membres du bureau du parc (voir ci-dessous).

Agée de 66 ans, entrée en politique en 1989 au sein de la famille UMP dont elle fut présidente de la fédération des Hautes-Alpes jusqu’en avril 2015, Henriette Martinez fut par le passé députée des Hautes Alpes, conseillère régionale et départementale, avant de faire le choix en 2012 de se consacrer à des mandats locaux. Elle est aujourd’hui maire de Laragne, présidente de la communauté de communes du Laragnais et désormais présidente du PNR des Baronnies Provençales. Une structure qu’elle a soutenue depuis le début, s’étant constamment opposée sur ce point au député de la Drôme Hervé Mariton.

Le conseil s’est également prononcé sur le budget 2016 du parc (déja voté en décembre 2015) et qui prévoit 1,4 million d’euros en fonctionnement et 2,5 millions d’euros en investissement dans lequel figure le projet de construction d’une maison des Baronnies à Sahune pour un montant de 1,5 million d’euros.

 LA COMPOSITION DU BUREAU SYNDICAL

Pour la région Auvergne Rhône-Alpes : Mounir Aarab, Claude Aurias, Marlène Mourier et Ghislaine Savin.

Pour la région Paca : Éliane Barreille et Roger Didier.

Pour le conseil départemental de la Drôme : Pierre Combes et Marie-Pierre Mouton.

Pour le conseil départemental des Hautes-Alpes : Gérard Tenoux.

Pour les communautés de communes (EPCI) : Pierre Etienne (CC du Pays de Buis), Thierry Dayre (CC du Val d’Eygues) et Michel Rolland (CC du Serrois).

Pour les villes-portes : Marcel Bagard (Sisteron), Fabienne Darini (Veynes) et Rosy Ferrigno (Valréas).

Pour les communes de la Drôme : Christian Barteye (Montréal-les-Sources), Sébastien Bernard (Buis les Baronnies), Philippe Cahn (Châteauneuf-de- Bordette), Gérard Coupon (Montauban-sur-l’Ouvèze), Marc Guérin (Montbrunles- Bains), Valéry Liotaud (Rochebrune), Marie-Pierre Monier (Vinsobres) et Eric Richard (Aubres).

Pour les communes des Hautes-Alpes : Pierre-Yves Bochaton (Étoile-Saint-Cyrice), Dominique Gueytte (Rosans), Myriam Hugues (Lazer) et Henriette Martinez (Laragne-Montéglin).

Élection des Vice-présidents et des Présidents de commissions du Parc le 8 avril.
Élection des Vice-présidents et des Présidents de commissions du Parc le 8 avril.

Élection des Vice-présidents et des Présidents de commissions du Parc

Le premier Bureau Syndical du Parc naturel régional des Baronnies provençales s’est tenu le 8 avril. À cette occasion, les élus ont procédé à l’élection des Vice-présidents et des Présidents de commissions (29 suffrages, 28 pour et 1 blanc).

Ont été élus Vice-présidents :
•M. Claude AURIAS (conseiller régional Rhône-Alpes, maire de Loriol-sur-Drôme) : 1er Vice-président délégué à l’agriculture.
•M. Sébastien BERNARD (maire de Buis les Baronnies): 2e Vice-président délégué à l’environnement et aux sports de nature.
•M. Mounir AARAB (conseiller régional Rhône-Alpes, adjoint au marie de Donzère) : Vice-président délégué aux finances.
•M. Marcel BAGARD (adjoint au maire de Sisteron) : Vice-président délégué à la coopération et aux relations avec les Villes-Portes.
•Mme Éliane BAREILLE (conseillère régionale PACA, maire de Malijai) : Vice-présidente déléguée à l’administration générale.
•M. Éric RICHARD, (maire d’Aubres) : Vice-président délégué au tourisme.
•M. Michel ROLLAND (maire de Savournon) : Vice-président délégué aux paysages, à l’urbanisme et au patrimoine.
•M. Gérard TENOUX (Conseiller départemental du canton de Serres et maire de Bruis) : Vice-président délégué à l’innovation et à l’énergie.

Ont été élus Présidents des commissions :
•M. Christian BARTHEYE ( maire de Montréal les Sources) à la présidence de la commission dédiée à la forêt et aux risques naturels.
•M. Pierre-Yves BOCHATON (maire d’Orpierre) à la présidence de la commission dédiée aux sports de nature.
•M. Philippe CAHN (maire de Châteauneuf-de-Bordette) à la présidence de la commission dédiée au pastoralisme et à l’agro-environnement.
•Mme Évelyne GAUTHIER (conseillère départementale suppléante de la Drôme et première adjointe à Laborel) à la présidence de la commission dédiée à l’éducation au territoire et à l’environnement.
•M. Marc GUERIN (adjoint au maire de Montbrun les Bains) à la présidence de la commission dédiée à l’innovation et à l’énergie.
•M. Dominique GUEYTTE (conseiller municipal à Rosans) à la présidence de la commission dédiée à la valorisation des productions, à l’agroalimentaire et aux circuits courts.
•M. Laurent HARO (maire de La Charce) à la présidence de la commission dédiée à l’histoire et aux patrimoines.
•M. Bruno LAGIER (maire de Barret-sur-Méouge) à la présidence de la commission dédiée au tourisme.
•M. Valery LIOTAUD (conseillère municipal de Rochebrune) à la présidence de la commission dédiée à la marque Parc.

ANALYSE

Une analyse de ces nominations laisse apparaitre les éléments suivants:
+ La présidence est confiée à une élue Haut-Alpine de la majorité de droite du conseil régional PACA.
+ Sur les 9 vice présidents nommés, 5 sont des élus Haut-Alpins et seulement 4 sont Drômois.
+ Sur les 5 vice présidents Haut-Alpin, 2 seulement sont élus du territoire du Parc.
+ Sur les 4 vice présidents Drômois, 2 seulement sont élus du territoire du Parc.
+ Soit seulement 4 élus du territoire du Parc sur les 10 élus nommés à sa direction.
+ La composition politique de cette direction laisse apparaitre une forte présence des élus de droite (la présidente et 7 vice présidents) par rapport à la gauche (2 vice présidents PS et alliés).
+ Fort heureusement les 9 présidents de commissions sont tous élus du territoire du Parc et représentent une plus grande diversité politique.
+ Et si l’on regarde la Parité on note une femme vice présidente pour 8 hommes et une femme présidente de commission pour 8 hommes. Il est vrai que la présidence est féminine. Est-ce suffisant ?

Alain BOSMANS

« Le Chatelard 1802 », l’histoire d’une success-story lavandicole – LA SAGA DES FRERES MONTAUD

Christophe et Sébastien Montaud dans le show-room au siège de l’entreprise à St Auban sur Ouvèze.
Christophe et Sébastien Montaud dans le show-room au siège de l’entreprise à St Auban sur Ouvèze.

Créée à Saint-Auban-sur-l’Ouvèze par les trois frères d’une très ancienne famille de lavandiculteurs, l’entreprise artisanale « Le Chatelard 1802 » connaît depuis quinze ans un spectaculaire développement et s’impose sur le marché des produits senteurs au point de préparer son entrée en bourse dans les semaines à venir.

Le Chatelard à St Auban sur Ouvèze, c’est un quartier de la commune des Baronnies drômoises qui donne son nom à une ferme dont l’ancienneté de construction est attestée par une pierre gravée au dessus de l’entrée principale. Là, depuis deux siècles, de générations en générations, la famille Montaud y cultive la lavande. La grand-mère Yvonne, doyenne du village toujours vaillante à 90 ans, se souvient de l’époque où la lavande était coupée à la faucille et ramenée à la ferme à dos de bêtes. Après guerre, avec la mécanisation, son fils Yves Montaud et son épouse Marie-Hélène concentrent l’activité de la ferme sur la production de matière première : fleurs en vrac de lavande et lavandin en sacs de 50 kg et huile essentielle de lavande et lavandin en bidons de 25 litres qui sont vendus à des négociants ou transformateurs.

Christophe et Sébastien Montaud ont hérité d'un riche savoir-faire lavandicole.
Christophe et Sébastien Montaud ont hérité d’un riche savoir-faire lavandicole.

Plus de 1000 articles au catalogue …

 Les trois fils d’Yves et de Marie-Hélène, arrivant après leurs études à la fin des années 90 pour prendre la relève, vont faire prendre un tournant stratégique à l’exploitation agricole et lui donner une toute nouvelle dimension. En 2000, l’ainé Sébastien, alors tout juste diplômé de l’EDHEC, a l’idée de créer une entreprise artisanale « Le Chatelard 1802 » vouée à la production sur place d’une gamme de produits finis tel que sachets de lavande et lavandin. Ils se répartissent les tâches : A Benoit la production agricole, à Christophe la production manufacturière, à Sébastien la direction commerciale. A l’origine l’objectif des frères est de permettre un écoulement plus facile et plus rentable de la production de lavande assurée à la ferme par les parents. Rapidement, le catalogue des articles de produits provençaux fabriqués à St Auban se diversifie et s’enrichit : Sachets de lavande et lavandin, savons aux différentes essences, eaux de toilettes, parfums d’ambiance, bougies, diffuseurs de parfums, etc… Le Chatelard acquière rapidement une véritable notoriété sur le marché des produits « cadeaux senteurs ». De sorte qu’en 2015 la collection est constituée de plus de 1000 articles…

Christophe et Sébastien Montaud, dans les ateliers de l’entreprise à Saint-Auban-sur-l’Ouvèze.
Christophe et Sébastien Montaud, dans les ateliers de l’entreprise à Saint-Auban-sur-l’Ouvèze.

Un développement tous azimuts.

« 2005 fut une année charnière », explique Sébastien Montaud, « la construction de l’usine actuelle et de la savonnerie, cette dernière représentant aujourd’hui 50 % des ventes, a permis d’élargir considérablement notre catalogue et de toucher un public plus large. Nos produits véhiculent des images de lavande, de senteurs et de Provence. Ils sont issus d’un artisanat traditionnel «100 % Made in France », fabriqués avec des produits naturels, locaux, de qualité et un packaging haut de gamme…. Ils ont rapidement séduit, tant en France qu’à l’étranger, la clientèle d’un marché grand public ouvert sur le luxe et la beauté ».

En 15 ans, l’entreprise familiale s’est en effet développé tous azimuts. La ferme en GAEC est passée d’une douzaine d’hectares en 1990 à aujourd’hui 45 hectares de lavande et lavandin dont la totalité de la production (environ 40 tonnes) représente 60 % des besoins de matière première de l’entreprise de transformation. Le reste est assuré par un approvisionnement auprès des lavandiculteurs voisins. L’usine, la savonnerie, les entrepôts, les bureaux et le show-room de St Auban couvrent aujourd’hui plus de 2500 m2. L’entreprise emplois localement 45 personnes (10 administratifs et commerciaux, 20 en production atelier et logistique/expédition et 15 à domicile).

Les diffrents articles sont stockés dans plus de 2000 m2 d'entrepôts à St Auban sur l'Ouvèze.
Les différents articles sont stockés dans plus de 2000 m2 d’entrepôts à St Auban sur l’Ouvèze.

« Nous avons tout d’abord commencé à commercialiser nos produits dans le grand quart Sud-est de la France via des détaillants multimarques », précise Sébastien. « Le concept ayant fait tache d’huile, ce sont aujourd’hui un millier de magasins partenaires qui commercialisent en France et autant à l’étranger les articles issus de nos ateliers de St Auban… » En 2012 une nouvelle étape est franchie avec l’ouverture des premiers magasins propres ou franchisés. On en compte aujourd’hui dix en France à Grasse, Vaison la Romaine, Montbrun les Bains, Nice, Arles, Aix en Provence, Les Baux de Provence, Canne, St Paul de Vence et Saintes Marie de la Mer. En 2013 huit magasins aux couleurs du Chatelard sont ouverts en Corée du sud en coopération avec un partenaire local.

Et pendant ces 15 ans, le chiffre d’affaire parti de zéro a suivi une courbe de croissance exponentielle à deux chiffres pour dépasser aujourd’hui le cap des 5 millions d’euros, dont un tiers est réalisés à l’export…

Pendant la conférence de presse, de gauche à droite : Pierre Tournier (conseiller en entreprise), Christophe Montaud (directeur), Sébastien Montaud (président) et Louis Thannberger (banquier d’affaire, introducteur en bourse).
Pendant la conférence de presse, de gauche à droite : Pierre Tournier (conseiller en
entreprise), Christophe Montaud (directeur), Sébastien Montaud (président) et Louis
Thannberger (banquier d’affaire, introducteur en bourse).

Lever des fonds propres pour préparer l’avenir.

Fort de ce spectaculaire développement, son président directeur général Sébastien Montaud annonçait mercredi 29 avril à l’occasion d’une conférence de presse donnée dans ses locaux, que l’entreprise familiale Le Châtelard 1802 allait faire son entrée en bourse dans les semaines à venir. L’objectif est d’arriver à lever quelque 2 millions d’euros de capitaux afin de poursuivre sa croissance autour de deux axes principaux : Renforcer sa présence à l’internationale, notamment en Europe du nord et de l’est, ainsi que sur les marchés du sud-est asiatique et des pays émergents (Chine, Brésil, …). Mais également accélérer l’ouverture de boutiques franchisées dans les grandes agglomérations françaises à fort passage (une vingtaine à l’horizon 2020 : Paris, Lyon, Lille, Strasbourg, Bordeaux, …). Ceci afin d’appuyer l’image de la marque et d’organiser un réseau de distribution fiable et pérenne.

Avec pour exemple et ligne de mire « l’Occitane en Provence » devenue en 40 ans le mastodonte du secteur, la petite entreprise familiale de St Auban se donne aujourd’hui les moyens de jouer dans la cour des grands sur un marché international de plusieurs milliards d’euros.

Alain Bosmans
Article publié dans « L’Agriculture Drômoise » du 7 mai 2015.

Olivier et Laurence Clary, de la Polynésie aux terres australes françaises

Olivier et Laurence Clary le 31 août 2014 sur la base de l’ile Crozet
Olivier et Laurence Clary le 31 août 2014 sur la base de l’ile Crozet

Partis faire le tour du monde à la voile, Olivier et Laurence Clary sont de retour dans leurs Baronnies natales, après avoir vécu 26 ans sur un voilier en Polynésie et effectué un exceptionnel voyage sur le Marion Dufresnes vers les terres australes et antarctiques françaises. 

On peut être de pure souche baronniarde et n’en être pas moins grand voyageur et solide navigateur. C’est ce que confirme Olivier Clary né à Montauban sur Ouvèze voila 67 ans et qui, de concert avec son épouse Laurence, aura passé plus de la moitié de sa vie sur un voilier à l’autre bout du monde. Fils d’agriculteurs au hameau de Ruissas, devenu enseignant après être passé par l’école normale de Valence, Olivier commence par effectuer son service militaire à Madagascar, avant d’être chargé de la formation des futurs enseignants ivoiriens à Abidjan où il rencontre Laurence, elle-même enseignante et passionnée de voile.

Le Marion Dufresne effectue chaque année 4 rotations à partir de l’ile de la réunion pour ravitailler les terres australes et antarctiques françaises
Le Marion Dufresne effectue chaque année 4 rotations à partir de l’ile de la réunion pour ravitailler les terres australes et antarctiques françaises.

Un quart de siècle en Polynésie

 Ensemble ils achètent un voilier en 1980 et larguent les amarres cinq ans plus tard pour entamer au départ d’Abidjan (où ils rencontrent alors un autre navigateur nommé Alain Bosmans) un tour du monde à la voile qui les mènera jusqu’en Nouvelle Zélande via Panama. En 1988 afin de renflouer la caisse de bord, ils réintègrent l’Université de la Polynésie Française et pendant 26 ans, vivant à bord de leur voilier mouillé au yacht-club de Papeete, ils se rendent au travail chaque matin en dinghy. De temps en temps, Olivier et Laurence lèvent l’ancre pour découvrir des îles aux allures de Marquises et reviennent par avion chaque année goûter aux frimas des Noëls familiaux à Montauban.

Laurence Clary sur le pont du Marion Dufresne arrivant devant l’archipel des Kerguelen
Laurence Clary sur le pont du Marion Dufresne arrivant devant l’archipel des Kerguelen.

 28 jours entre 40èmes rugissants et 50èmes hurlants

 Alors que l’heure et l’âge en sont venus, c’est en faisant l’été dernier un exceptionnel voyage marin à la découverte des TAAF (Terres australes et antarctiques Françaises) que ces deux insatiables amoureux de la mer prennent leur retraite professionnelle. L’administration des TAAF ouvre en effet la possibilité à un nombre limité de visiteurs de découvrir les iles australes de l’Océan Indien (archipel de Crozet, archipel de Kerguelen et ile Amsterdam) lors des 4 rotations de ravitaillement et de relève des personnels que le Marion Dufresne (navire français de ravitaillement) effectue chaque année.

Olivier Clary devant un éléphant de mer des Kerguelen
Olivier Clary devant un éléphant de mer des Kerguelen.

Moyennant 8300 € par personne et deux années en liste d’attente, Olivier et Laurence firent partie des 11 touristes privilégiés qui, du 21 août au 18 septembre dernier, parcoururent sur le navire ravitailleur français près de 9 000 km à travers l’océan Indien. Au départ de l’ile de la Réunion, une bonne partie s’effectue entre 40èmes rugissants et 50èmes hurlants, dans des conditions de mer souvent difficiles. Au total 20 jours de navigation, huit jours et deux nuits à terre (débarquement uniquement en hélicoptère) à la découverte de l’extraordinaire patrimoine naturel de ces terres australes dont les paysages, la flore et la faune sont exceptionnels (otaries, albatros, pétrels, manchots, éléphants de mer).

Laurence Clary sur l’ile de la Possession.
Laurence Clary sur l’ile de la Possession.

De retour aujourd’hui dans les Baronnies à Montauban, ces éternels estivants se consacrent désormais à l’entretien de la ferme familiale et à la plantation d’arbres d’ébénisterie et de chênes truffiers.

 Alain Bosmans
Article paru dans le Dauphiné Libéré du 19 décembre 2014.

Chez les Deboulle, on touche du bois de père en fils

De gauche à droite, Julien, Jérôme, Nathanaël et Léna entourent Gérard, le Pater Familias qui prend aujourd’hui sa retraite après 30 années à la tête d’Ossaturbois.
De gauche à droite, Julien, Jérôme, Nathanaël et Léna entourent Gérard, le Pater Familias qui prend aujourd’hui sa retraite après 30 années à la tête d’Ossaturbois.

Dans la famille Deboulle, lorsqu’on demande le père on s’adresse à Gérard, citoyen belge né voila 62 ans au Luxembourg, personnalité bien connue dans les Baronnies. Après avoir suivi un cursus en école d’architecture, et une formation de charpentier auprès des compagnons, il s’installe au Buis en 1982 avec son épouse Ursula qui lui donnera quatre enfants (trois garçons et une fille).

Pionnier en matière d’éco-construction et de maison bioclimatique, il créé en 1985 l’entreprise de charpente « Ossaturbois » qui devient rapidement leader local de la construction de maisons en bois et de charpente couverture. Prenant sa retraite aujourd’hui après 30 ans à la tête de l’entreprise, il transmet le flambeau à ses quatre enfants Jérôme, Nathanaël, Julien et Léna auxquels il aura communiqué sa passion pour le bois.

Ossaturbois, une entreprise qui a le sens de la famille.
Ossaturbois, une entreprise qui a le sens de la famille.

Bon sang ne saurait mentir

 Car bon sang ne saurait mentir ! Jérôme (29 ans), a contracté très tôt la passion du bois. Après un cursus en génie électrotechnique à Carpentras, il s’est formé pendant 3 ans en charpente chez les compagnons du Devoir. En 2011 il intègre Ossaturbois et devient aujourd’hui le gérant d’une entreprise qui compte sept salariés.

Son frère cadet Nathanaël (25 ans), a suivi une formation en DUT de génie civile, puis une année de spécialisation en construction bois au Danemark, avant de rejoindre l’entreprise familiale dont il devient aujourd’hui le cogérant au coté de Jérôme.

L’ainé Julien (31 ans), mécanicien et serrurier de formation, travaille à Ossaturbois depuis deux ans. Tout comme Léna (27 ans), la fille de la famille, qui, ayant obtenu un CAP de menuiserie chez les compagnons à Marseille, intervient aujourd’hui dans les travaux d’agencement intérieur de l’entreprise.

Mais Gérard n’est pas homme à prendre une retraite inactive. Après avoir assuré sa succession, il continue aujourd’hui comme simple employé de l’entreprise gérée par ses enfants, à animer de son expérience le bureau d’étude et l’établissement des nouveaux projets.

Alain Bosmans
Article paru dans le Dauphiné Libéré du 22 novembre 2014

Gérard Deboulle
Gérard Deboulle

Gérard Deboulle devient président du Théâtre-Ecole et met « Marius » à l’affiche de la saison estivale

Gérard Deboulle, charpentier, grimpeur, choristes, décorateur, comédien et désormais président du Théâtre-Ecole de la Lance et des Baronnies.
Gérard Deboulle, charpentier, grimpeur, choristes, décorateur, comédien et désormais président du Théâtre-Ecole de la Lance et des Baronnies.

A l’issue de la tenue le 7 mars dernier de l’assemblée générale du Théâtre-Ecole de la Lance et des Baronnies (TELB) qui a entièrement renouvelé son conseil d’administration, Gérard Deboulle a été désigné pour prendre la présidence de l’association.

Citoyen belge né voila 61 ans au Luxembourg, Gérard Deboulle est une personnalité bien connue du monde associatif buxois. Ayant créé en 1985, l’entreprise de charpente et de construction bois « Ossaturbois », ce passionné d’escalade et de spéléologie fonde en 1986 le Centre d’Escalade de Buis qu’il préside pendant 15 ans et qui devient un outil majeur du développement des sports de pleine nature dans la région. Amateur averti de musique et de théâtre, ses compétences en menuiserie le conduise naturellement à réaliser les décors du Théâtre-Ecole durant la grande période de la troupe au début des années 2000. Puis, non content de les mettre en place, il décide de monter sur les planches où il se fait remarquer en jouant sous la direction de Serge Pauthe des pièces de Pirandello (2004), Tchekhov (2005), Beaumarchais (2007) et Bertolt Brecht (2009).

Prenant aujourd’hui les rênes du Théâtre-Ecole, Gérard Deboulle ne cache pas sa ferme intention de travailler au rapprochement des différents acteurs du spectacle vivant dans les Baronnies. Afin notamment de répondre aux exigences du schéma départemental des enseignements artistique 2014-2018 du conseil général de la Drôme, le nouveau président du Théâtre-Ecole envisage la création de spectacles communs avec l’école de musique « Notes en Bulle » et souhaite harmoniser les relations avec les deux autres troupes de théâtre amateur du territoire : le « Théatre des Habitants » de Serge Pauthe et les « Tréteaux des Baronnies » de Robert et France Gilmont.

La troupe du Théâtre-Ecole de la Lance et des Baronnies au grand complet.
La troupe du Théâtre-Ecole de la Lance et des Baronnies au grand complet.

« Marius » à l’affiche du Théâtre-Ecole

Et c’est sans tarder que le Théâtre-Ecole de la lance et des Baronnies (TELB) met cette année à l’affiche « Marius », la célèbre pièce servant de premier volet à la trilogie marseillaise de Marcel Pagnol.

Sous la direction du metteur en scène Roland Peyron, douze comédiens se sont mis au travail depuis le début de l’année. Parmi eux dans les rôles principaux on relève la présence de comédiens aguerris dont certains furent les fondateurs de la fameuse compagnie des Baronnies « La Mandrigoule ». C’est ainsi que Roger Pasturel sera César, Michel Clary sera Marius, Annabel Djila sera Fanny, Christine Estrayer sera Honorine, François Flouret sera Panisse, Verlaine sera Piquoiseau, Alain Facchinieri sera Monsieur Brun et Gérard Deboulle un Escartefigue plus vrai que nature…

Avec «Marius», Roland Peyron propose « de nous jeter à l’eau, de nous plonger dans ce sud cosmopolite, coloré et sonore aux mille extravagances, aux excès qui fascinent et dérangent, aux galéjades hilarantes… Nous allons nous abreuver à la célébrissime comédie-dramatique de Marcel Pagnol qui dissimule sous sa carapace de violence et de vacarme, les souffrances et les amours d’êtres épris de liberté, lucides et perdus. »

Dans les rôles principaux de "Marius" on retrouvera (ici en répétition de gauche à droite) Roger Pasturel, Alain Facchinieri, François Flouret et Michel Clary
Dans les rôles principaux de « Marius » on retrouvera (ici en répétition de gauche à droite) Roger Pasturel, Alain Facchinieri, François Flouret et Michel Clary

La pièce sera créée le vendredi 30 mai dans la salle des fêtes de La Palun, puis reprise le 5 juillet à Malaucène, le 14 juillet à Ste Jalle, le 18 juillet à La Roche sur le Buis, les 25, 27, 30 juillet et 1er août au Buis, le 4 août à Montauban sur l’ouvèze et enfin à Nyons en octobre dans le cadre du festival « Nyons en scène ».

Par ailleurs, le TELB continue à assurer des cours d’art dramatique pour enfants et adolescents sous la conduite de Sophie Michelin ainsi que des stages de formation pour adultes (travail vocal avec Isabelle Finck et travail sur les comédies de Shakespeare et le théâtre romantique avec Roland Peyron). Contact tel: 04 75 26 64 01 et site Internet : http://www.theatrelancebaronnies.fr

Alain BOSMANS
Article paru dans le Dauphiné Libéré des 19 mars et 11 avril 2014.

Chaleur et simplicité d’une visite princière

C’est peu de dire que la visite du Prince Albert II de Monaco à Buis les Baronnies hier vendredi 17 mai en fin d’après midi, fut chaleureuse.

Première halte impromptue en Mairie ! Il ne pleut plus ! La visite commence !

La météo elle-même, exécrable toute la journée, se mit subitement au beau à l’instant précis qui vit la voiture du Prince s’immobiliser devant l’hôtel de ville Buxois. Un arrêt non prévu qui devait permettre à l’auguste visiteur de satisfaire en mairie un besoin bien naturel… Il était 17h24, la visite commençait avec 6 minutes d’avance, mieux que la politesse des rois !

Daniel Stoffels, le maire de Waimes, commune belge jumelée avec Buis, avait fait le déplacement de Belgique pour rencontrer le Prince.

Le reste ne fut pas moins chaleureux. Contrairement à ce qui était prévu , c’est à pied en compagnie du maire tout sourire et d’une foule nombreuse de buxois (estimée par la presse et la gendarmerie, pour une fois d’accord, à plus de 300 personnes), que l’on rejoignit la digue nord des bords de l’Ouvèze qui porte, comme chacun sait, avec beaucoup d’à propos, le nom de « Promenade des Princes de Monaco ».

Sur la promenade des Princes de Monaco, le Prince et le maire ont dévoilé la plaque historique en présence de Didier Guillaume, président du conseil génral de la Drôme et premier vice président du Sénat.

Le Prince était en pleine forme ! Souriant, enjoué, décontracté, se prêtant avec une grande simplicité au autographes, se laissant photographier par d’innombrables portables, serrant des centaines de mains, c’est dans une ambiance très bon enfant et un certain désordre (un euphémisme si l’on en croit ses gardes du corps qui s’arrachaient les cheveux), que fut inaugurée la plaque rappelant les liens historiques qui unissent Buis au Rocher.

Dans les ruelles de la vieille ville, le cortège rencontrait Carmen, personnage pittoresque incontournable de la vie buxoise qui s’était vêtue aux couleurs monégasques.

Jean Pierre Buix était aux anges ! Entre le maire passionné d’athlétisme et le (encore) jeune Prince, ancien participant aux JO en bobsleigh, le courant passa tout de suite. Une vraie complicité semblait unir les deux hommes. une complicité qui s’afficha au grand jour dans les discours plein d’humour que le maire puis le Prince prononcèrent dans les jardins de l’hôtel de ville devant de très nombreux buxois et une nuée de caméras et de photographes de presse.

Le temps des dicours plein d’humour et de complicité

Après le traditionnel échange de cadeaux et la signature du livre d’or en Mairie, le Prince accompagné du maire, qui ne le quittait pas d’une semelle, se livra de nouveau avec simplicité et décontraction à un épatant bain de foule..

Les buxois furent nombreux à venir rencontrer le Prince

C’était joyeux et sympa, on était manifestement entre amis ! Le Prince de toute évidence serait bien resté plus longtemps dans ce joli jardin de nouveau baigné de soleil … Mais le temps passait ! Celui prévu pour cette visite historique était même dépassé ! Et c’est avec 10 minutes de retard sur le protocole, qu’Albert repartit en voiture vers d’autres cieux plus urbains ! Ainsi s’en vont les petits Princes ! Un petit tour et puis …

Dans les jardins de la mairie, les écoliers ont acclamé le Prince.

Alain Bosmans
Article paru nulle part ailleurs qu’ici !

« Bienvenue Monseigneur », sous l’oeil inquiet de Jean Pierre Buix et de son garde du corps, Albert me laisse prendre la photo avant de me serrer la main … Sympa le Prince !

Le chef d’orchestre Jean-François Paillard est mort

Jean-François Paillard

Le chef d’orchestre français de notoriété internationale Jean-François Paillard est décédé lundi soir 15 avril dans une clinique de Carpentras à la suite d’une petite intervention qui s’est infectée et a fait lâcher son cœur fatigué. Né à Vitry le François en 1928, ayant reçu sa formation musicale au Conservatoire de Paris et au Mozarteum de Salzbourg, Jean François Paillard fonde en 1953, l’Ensemble instrumental Jean-Marie Leclair (inspiré du nom de ce compositeur), qui devint, en 1959, l’Orchestre de chambre Jean-François Paillard. Son premier disque « Musique française au XVIIIème siècle » édité en juin 1953 a été révolutionnaire dans le domaine de l’interprétation de la musique baroque. Ont suivi quantités d’autres enregistrements qui ont rapidement imposé aux interprètes du monde entier de reconsidérer de fond en comble l’interprétation des pages européennes des XVIIe et XVIIIe siècles.

Jean-François Paillard en janvier 2008 à St Auban sur Ouvèze lors de la remise à son épouse Christine des insignes de Chevalier des Arts et des Lettres des mains du président du Conseil Général de la Drôme Didier Guillaume.

Outre son activité discographique colossale, il a effectué pendant 50 ans des tournées sur les cinq continents, et en particulier en Europe, aux États-Unis et au Japon. Tous les grands festivals de la planète se sont disputés sa participation : c’est ainsi qu’il a dirigé 5600 concerts dont 1480 fois « Les Quatre Saisons de Vivaldi ». Il a d’autre part longuement collaboré avec les plus grands instrumentistes français de son époque, que ce soit en concert ou sur disque.

Jean-François Paillard a aussi été invité à diriger d’autres orchestres (English Chamber Orchestra, Los Angeles Chamber Orchestra, Ottawa Chamber Orchestra, le Symphonique de Tokyo…) avec lesquels il a produit plusieurs enregistrements. En avril 2008, le Japon lui a réservé les plus grands honneurs à l’occasion de ses 80 ans.

Depuis 1988, il vivait à St Auban sur l’Ouvèze auprès de son épouse la chef d’orchestre et de choeur Christine Paillard. Incinéré au crématorium d’Orange le jeudi 18 avril, un hommage amical lui fut rendu le lendemain vendredi 19 avril en fin de matinée dans la cour de l’ancienne école de St Auban sur l’Ouvèze.

Amis et admirateurs vinrent nombreux pour le dernier hommage.

L’adieu au maître

Ils étaient nombreux vendredi matin dans la cour de l’ancienne école de St Auban sur l’Ouvèze pour rendre un dernier hommage amical à Jean-François Paillard, chef d’orchestre prestigieux, qui s’est éteint le 15 avril dernier à l’âge de 85 ans. Des mélomanes, des musiciens, des choristes, des amis venus parfois de fort loin entourer la famille réunie autour de l’urne funéraire.

Devant la famille, Claude Jacquemont s’exprima avec beaucoup d’émotion au nom des choristes de Cantouvèze.

Prenant successivement la parole son fils Jérôme et son épouse Christine eurent du mal à cacher leur profonde émotion. S’exprimant au nom des Saintaubanais, le maire de la commune Véronique Chauvet disait sa fierté d’avoir compté parmi ses administrés, une si grande personnalité, sa douleur d’avoir perdu un si grand ami. Le docteur Claude Derail, son médecin, son ami et l’un des plus anciens choristes de Cant’Ouvèze, trouva les mots pour dire l’admiration et le respect qu’il portait à celui dont le souvenir n’est pas prêt de s’effacer de sa mémoire.

Pour dire adieu au maître, les choristes de Cant’Ouvèze et de l’Ensemble Vocal Christine Paillard interprétèrent un magnifique chant orthodoxe.

Claude Jacquemont et André Botsarron s’exprimèrent avec beaucoup d’émotion et de sincérité au nom des choristes de Cant’Ouvèze et de l’Ensemble Vocal Christine Paillard. D’autres enfin saluèrent la simplicité, la générosité, l’humanité et l’immense talent de l’homme, de l’ami, du musicien, de la star mondiale de la musique baroque.

Puis, réunis une fois encore, la cinquantaine de choristes de Cant’Ouvèze et de l’E.V.C.T. rendait à Jean François Paillard un dernier hommage en interprétant le « Tiebie Poiem », magnifique chant orthodoxe de circonstance, avant d’accompagner en cortège ses cendres au jardin du souvenir du cimetière de St Auban. Il repose maintenant dans le cimetière de Saint Auban sur l’Ouvèze, avec une vue imprenable sur la magnifique vallée où il a vécu ces 20 dernières années. Un hommage musical devrait lui être rendu en juin à Paris.

Alain BOSMANS

Un photographe des Baronnies témoigne de la fin d’un monde au petit Tibet

Marie-Claude et Philippe Bourgain lors de l’un de leurs derniers séjours au Ladakh.

Philippe Bourgain, installé avec son épouse Marie-Claude depuis une dizaine d’années à La Roche sur le Buis, vient de publier aux éditions du Toulourenc un superbe et passionnant livre de photographies intitulé « Ladakh – La fin d’un monde ».

L’ouvrage de 223 pages, illustré de quelque 180 photographies couleur de format 23 x 28,5, témoigne à la fois de l’extraordinaire beauté du Ladakh (ou petit Tibet), mais aussi des dangers qui menacent cet ex royaume tibétain, devenu province indienne et l’un des derniers bastions bouddhistes libres et non violents au cœur de l’Himalaya.

Cérémonies de commémoration par des enfants du Ladakh en costume traditionnelle de l’accueil des réfugiés tibétains sur le territoire indien.

Convoité par le Pakistan à l’ouest, par la Chine à l’Est, le Ladakh est par sa situation géographique devenu naturellement terre d’accueil pour les milliers de tibétains qui ont fuit leur pays tout proche envahi par la Chine. Le livre est le fruit de reportages réalisés par Philippe et Marie Claude au Ladakh pendant une trentaine d’années dans le cadre de missions humanitaires menées dans les camps de réfugiés tibétains.

Marie-Claude et Philippe Bourgain avec le Dalaï Lama en 1992.

Né en 1947, chirurgien dentiste ayant exercé en cabinet libéral en Bretagne d’abord, dans les Baronnies ensuite, Philippe Bourgain a souhaité très tôt associé son plaisir du voyage, sa passion pour la photographie et son implication dans des programmes humanitaires de soins dentaires dans cette partie du monde.

Philippe Bourgain (à droite) prodiguant des soins dentaires dans le camp de réfugiés de Choglamsar

Epris d’un militantisme sincère et profond pour la défense de la cause tibétaine, Philippe et Marie Claude (qui se sont rencontrés au Ladakh en 1987) auront mené en 3 décennies une vingtaine de missions en zone himalayenne, dont certaines de plusieurs mois, dans le cadre de l’AOI (Aide Ondontologique Internationale).

Portrait d’un vieillard tibétain

Des séjours qui leur auront permis d’approcher la culture et les modes de vie ancestraux d’un peuple profondément attachant, aujourd’hui menacé par le développement du tourisme et de la consommation.

Paysage du Ladakh au bord du lac Tso Moriri

Les superbes photos du livre sont accompagnées de textes qui, au delà de la dimension didactique des nombreusses informations qu’il contient sur le Ladakh (histoire, géographie, culture, …), raconte au moyen d’anecdotes et de témoignages, les moments d’aventure, d’émotion, de bonheur, de révolte aussi, vécus par leur auteur durant ces voyages de 1980 à 2011.

Des enfants tibétains dans un camp de réfugiés du Ladakh

Pour en savoir plus : On peut se procurer le livre « Ladakh – La fin d’un monde » chez la plupart des bonnes librairies de la région (Sud Drôme et Nord Vaucluse) ou directement chez son auteur : Philippe Bourgain – Le village – 26170 – La Roche sur le Buis – 04 75 28 79 26 – bourgainpmc@gmail.com – Prix de vente 26 € + 4 € de frais d’envois – Une fois les frais d’édition amortis, les bénéfices seront reversées à des associations de défense du peuple tibétain.

Alain BOSMANS
Article paru partiellement dans le Dauphiné Libéré du 6 mars 2013

Paysage du Ladakh dans la vallée de l’Indus

DANIELE AUMAGE, UNE INFIRMIERE DE L’HUMANITAIRE

Danièle Aumage, aujourd’hui cadre de santé à l’hôpital local de Buis.

Avant de venir s’installer dans les Baronnies, Danièle Aumage, aujourd’hui cadre de santé à l’hôpital de Buis, a mené pendant 15 ans, une vie d’aventures et de don de soi dans de multiples missions humanitaires à travers le monde. Rencontre.

Native de Suisse Romande, aussitôt terminées ses études d’infirmière à Lausanne, Danièle part à Anvers poursuivre une formation en médecine tropicale. Attirée par l’action humanitaire dans les zones de conflits, elle se porte volontaire et est envoyée en 1981 par le C.I.C.R (Comité International de la Croix Rouge) au Cambodge afin d’intervenir dans les camps de réfugiés des zones alors sous le joug des Khmers Rouges. Elle y rencontre en 1983 Jean-Baptiste Richardier et participe avec lui à la fondation de la célèbre ONG Handicap International (qui sera 15 ans plus tard co-lauréate du prix Nobel de la Paix).

Danièle Aumage au chevet de blessés cambodgiens en 1982 (photo Paris-Match issue d’un reportage réalisé par ce journal sur les camps de réfugiés cambodgiens à la frontière vietnamienne).

Jusqu’en 1985 Danièle sera responsable de la mise en place d’ateliers de fabrication de prothèses et de la formation de techniciens orthoprothésistes cambodgiens. « Une fabrication de prothèse très artisanale à base de bambou, cuir et plâtre, explique-t-elle, « mais qui permettra quand même de faire remarcher des milliers de handicapés  de tous âges victimes des innombrables mines anti personnelles disséminées dans toute la région du sud Est-Asiatique… »

Danièle Aumage en 1984 aux cotés de deux victimes de mines anti-personnel secourue par Handicap International au Cambodge.

15 ans sur tous les fronts 

En 1986, Danièle est envoyée au Pakistan pour travailler à l’hôpital de Peshawar. De retour en Europe, elle poursuit à Neufchâtel une formation en réanimation avant de repartir pour de nouvelles aventures au Liban où, pendant 2 ans au milieu d’une guerre qui déchire le pays, elle est chargée de différentes missions auprès des prisonniers de guerre et victimes civiles du conflit. A partir de 1990 elle travaille à Genève, toujours pour le CICR, au service de la logistique et de l’expédition du matériel médical sur les fronts de guerre et de catastrophe naturelle un peu partout dans le monde. Elle est ainsi appelée à effectuer ponctuellement à plusieurs reprises des missions au Moyen Orient, en Thaïlande, en Croatie, en Afghanistan, …

Danièle Aumage en mission pour le C.I.C.R au Cambodge.

En 1992, elle part de nouveau en mission en Erythrée dans la corne de l’Afrique. C’est là, au cours de combats à Arare que, prise par des tirs croisés de belligérants, elle est blessée par balle et rapatriée. Un incident qui l’incite à revenir travailler en Europe ; ce qu’elle finit par faire définitivement en 1994 après une dernière mission au Cambodge pour Handicap International (dont elle reste encore aujourd’hui membre du conseil d’administration suisse).

Danièle Aumage et l’équipe soignante d’un dispensaire de la Croix Rouge au Cambodge.

Une seconde vie dans les Baronnies 

Venue plusieurs fois en vacances dans les Baronnies pendant ces années d’itinérance, elle y rencontre Paul Aumage qu’elle épouse en 1996 et lui donne une fille Anaïs. Depuis Danielle travaille à l’hôpital local, comme infirmière d’abord, puis comme cadre de santé après une formation à Marseille. Un métier sans doute différent de celui qu’elle exerçait quand elle travaillait dans l’humanitaire un peu partout dans le monde, explique-t-elle, mais qui correspond à une même démarche: « Ce qui m’importe c’est d’être au service des autres, que ce soit des handicapés khmers rouges ou des personnes âgées des Baronnies … Il n’y a pas de palmarès dans  le soulagement de la souffrance et l’expression de la solidarité ! ».

Alain Bosmans
Article partiellement paru dans le Dauphiné du 25 novembre 2012

Danièle Aumage

Rencontre avec Etienne Rivette, le pèlerin de « Randouvèze »

Etienne Rivette, sportif accompli et fervent catholique continue de pratiquer régulièrement la randonnée dans les Baronnies avec ses amis de « Randouvèze ».

Lors de la tenue de l’assemblée générale de « Randouvèze » le 19 octobre dernier, son président Francis Guerbette signalait l’exploit peu commun d’un adhérent de l’association. Etienne Rivette, se rendant l’été dernier en pèlerinage à St-Jacques-de-Compostelle (Espagne) et Fatima (Portugal) a parcouru, sac au dos, plus de 2200 km à pied.

Parti en solitaire de Buis le 5 juillet, Etienne Rivette a tout d’abord rejoint Arles pour emprunter le principal « Chemin de Compostelle » du sud de la France. Muni du carnet du pèlerin (La Créanciale), parcourant 20 à 40 km par jour, chargé d’un sac à dos de 10 kg et séjournant dans les gîtes d’étapes qui jalonnent le parcours, le marcheur buxois traversa St Gilles, Montpellier, St Guilhem, Toulouse, Auch, Pau et Oloron Ste Marie avant de rejoindre en Espagne le « Camino Frances » par le col du Somport, Burgos et Léon.

Marchant seul ou en compagnie de pèlerins de plus en plus nombreux à l’approche du but, Etienne Rivette atteignait le 6 septembre le sanctuaire de St Jacques où il obtenait « La Compostela » ou certificat de pèlerinage. Il avait parcouru quelques 1500 km en 60 jours de marche.

le sanctuaire de St Jacques-de-Compostelle atteint après 60 jours de marche.

Après être resté 6 jours à St Jacques, Etienne Rivette, conscient d’être porté par le mysticisme et la dimension religieuse de cette démarche autant que par la recherche de soi dans l’effort, décidait alors de poursuivre sa longue marche solitaire en entamant un second pèlerinage chrétien vers Fatima. Et c’est le 6 octobre, après avoir parcouru de nouveau 400 km à pied, qu’il atteignait le sanctuaire de Notre Dame de Fatima au centre du Portugal.

La basilique du sanctuaire de Fatima

L’étonnant parcours d’un randonneur « Routard »

Originaire de Normandie où il aura fait la plus grande partie de sa carrière professionnelle dans l’entreprise de transport routier de sa famille, Etienne Rivette confie avoir contracté le goût de la marche à pied à travers les nombreux voyages de « routard » qu’il aura entrepris tout au long de sa vie. Des voyages qui l’auront mené à la découverte de nombreuses régions de France et d’Europe, mais aussi d’Amérique latine et d’Asie et jusque dans le pacifique où il devait rencontrer Jacques Brel aux Marquises… Sportif accompli, amateur de VTT, pratiquant régulièrement la course à pied de fond et demie fond, (courses hors stade, trails et semi marathons), Etienne arrive en VTT pour la première fois à Buis en 1992 et éprouve le coup de foudre pour les Baronnies. Il y reviendra régulièrement tous les ans pour y pratiquer la randonnée et des travaux saisonniers (vendanges, récoltes d’abricots, olives, …) jusqu’en 2007 où il s’installe définitivement à Buis pour y attendre la retraite prise l’année dernière à 65 ans.

Etienne Rivette, devenu buxois en 2007. (photo JMG)

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle est un pèlerinage catholique, dont le but est d’atteindre le tombeau légendaire de l’apôtre Saint Jacques le Majeur, situé dans la crypte de la cathédrale de la capitale de la Galice espagnole. Mis en place au début du IXe siècle, le pèlerinage de Compostelle devient, à partir du XIe siècle, l’un des trois grands pèlerinages de la Chrétienté médiévale (avec ceux de Jérusalem et de Rome).

 

Les chemins de Compostelle

 Un chemin de Compostelle est bien identifié en Espagne, « le Camino Francés ». En France, des chemins de Saint-Jacques (4 principaux au départ de Paris, Vézelay, Le Puy et Arles) ont été tracés par la Fédération française de randonnée pédestre à partir du début des années 1970. Ils ont été déclarés en 1987 « Premier itinéraire culturel » par le Conseil de l’Europe et attirent chaque année un nombre croissant de pèlerins en provenance des 4 coins du monde. Près de 100 000 pèlerins ont demandé à recevoir la « Compostela » en 1999 et près de 200 000 en 2004. Le pèlerinage est également devenu une randonnée célèbre, où les marcheurs croisent les amateurs d’art roman.

 Les coquilles Saint-Jacques

 Les pèlerins en route vers St Jacques-de-Compostelle avaient pour coutume de rapporter comme témoignage de leur voyage des coquilles de pectens, qu’ils fixaient à leur manteau ou à leur chapeau, d’où le nom de coquilles Saint-Jacques donné par la suite à ces mollusques. La coquille Saint-Jacques était le signe qu’à l’issue du voyage c’était un homme nouveau qui rentrait au pays. Elle est toujours l’un des attributs reconnaissables du pèlerin.

La coquille Saint-Jacques, symbole du pélerinage de compostelle jalonne les chemins qui y mènent…

Le pèlerinage de Fatima

 En 1947, quelques 80 ans après Lourdes, Fatima au centre du Portugal, est devenu un lieu de pèlerinage catholique très populaire. Il a pour origine, comme à Lourdes, les apparitions de la Sainte Vierge à 3 enfants. Ces apparitions ont donné naissance au sanctuaire de Notre-Dame de Fátima et à la construction d’une immense basilique.

Le pèlerinage de Fatima se déroule tous les 13 de chaque mois, et plus particulièrement le 13 mai, anniversaire de la première apparition, et le 13 octobre, anniversaire du phénomène solaire de la dernière apparition en 1917. La ferveur populaire y est considérable et chaque année le 13 mai la vierge de Fatima attire des centaines de milliers de pèlerins. Les grandes processions au flambeau, qui se font de nuit, sont très impressionnantes.

Alain Bosmans
Article partiellement paru dans le Daupjiné Libéré du samedi 20 octobre 2012.